Réemploi des contenants consignés en cosmétique : impact carbone, cadre réglementaire et retours terrain
- maximedebald
- il y a 6 jours
- 2 min de lecture

Le réemploi n’est plus un sujet “militant” : c’est un sujet industriel, porté par des objectifs publics, des éco-organismes, et des acteurs terrain qui prouvent que la consigne peut fonctionner. En cosmétique, où l’emballage pèse lourd dans l’empreinte, le flacon consigné devient une option crédible — à condition de concevoir le système correctement.
1) Ce que mesurent les études : l’ACV (et pourquoi c’est la bonne boussole)
L’ADEME travaille sur des évaluations environnementales de dispositifs de consigne pour réemploi, basées sur l’Analyse de Cycle de Vie et sur des scénarios variés (taux de retour, masse, distances, recyclage, etc.). L’objectif : identifier les conditions de bascule où le réemploi est meilleur que l’usage unique.
➡️ Pour une filière cosmétique, ça se traduit par une question centrale :combien de rotations réelles par flacon, avec quelle logistique, et quelle standardisation ?
2) Plastique : un modèle qui dépend d’un “recyclage parfait”… rarement atteint
Beaucoup de flacons plastiques “finissent bien” sur le papier. Mais au niveau système, le recyclage des plastiques reste insuffisant par rapport aux objectifs, même si la collecte progresse.
En plus, une partie du plastique est difficile à recycler (multi-matériaux, colorants, pompes, étiquettes complexes, résines variées). Résultat : tri incertain, pertes matière, débouchés limités.
3) Verre réemployé : une logique d’amortissement (et de conception système)
Le verre est lourd, oui. Mais en réemploi, on cherche à réduire la fabrication de nouveaux contenants : le flacon circule, se lave, revient. Les ACV ADEME s’intéressent précisément à ces paramètres : taux de retour, distances, masse, etc.
Les leviers “industrie” les plus déterminants :
standardisation des formats (tri/lavage plus robustes),
mutualisation inter-marques / inter-distributeurs,
qualité du parcours retour (simple, incitatif, intégré).
4) Loi AGEC : la trajectoire de fond
La loi AGEC vise explicitement l’augmentation de la part d’emballages réemployés (objectifs 5% en 2023, 10% en 2027).
Pour les marques, cela implique de se préparer à :
concevoir des emballages compatibles réemploi,
organiser la reprise/tri/lavage,
sécuriser la conformité (hygiène, traçabilité, qualité).
5) Citeo et Léko : structuration, expérimentation, financement
Citeo met en avant des démarches de déploiement et d’outillage du réemploi (et participe au débat sur la consigne).
Léko (éco-organisme agréé) soutient des initiatives de réemploi via des appels à projets et de l’accompagnement, y compris sur des secteurs comme la cosmétique.
👉 Message clé B2B : le réemploi n’est pas “un projet isolé”, c’est une filière en structuration.
6) Retours terrain : 4 exemples français qui prouvent l’opérationnalité
Le Fourgon : logistique de retour intégrée au passage suivant, modèle à grande échelle.
Le Drive Tout Nu : consigne inversée et reprise des contenants via le service.
La Fourche : retour des bocaux/bouteilles consignés via livraison.
Super Flacon : logique flacons en verre consignés (réutilisation plutôt que production/recyclage).
Ces exemples montrent un invariant : la performance environnementale dépend d’abord de la qualité du système(parcours retour + volumes + lavage + standardisation).
7) Méthode simple pour une marque cosmétique (checklist)
Choisir 2–4 formats standard (plutôt que 20 références).
Concevoir étiquette et décoration compatibles lavage.
Définir un parcours retour (boutiques, e-commerce, points partenaires).
Mettre une consigne lisible et un message client ultra simple.
Suivre 3 KPI : taux de retour, rotations, taux de casse.


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